Programme d'accès en phase pilote depuis février 2019, plus de 1 100 patients en 2024. Un cadre ancien, mais resserré depuis janvier 2025.
Le Luxembourg a légiféré sur le cannabis médical dès le 20 juillet 2018 — trois ans avant le lancement de l'expérimentation française. Depuis février 2019, un programme d'accès autorise les professionnels de santé habilités à prescrire selon des indications définies, avec délivrance en pharmacie hospitalière.
Antériorité ne veut pas dire ouverture : le programme reste une phase pilote, et il a été resserré au 1er janvier 2025. Le cadre suisse, plus récent, est nettement plus large — comparer avec la Suisse.
Point structurant pour un pharmacien : le cannabis médicinal luxembourgeois n'a ni autorisation de mise sur le marché, ni résumé des caractéristiques du produit listant indications, dosages, modes d'administration, précautions ou contre-indications. Une « notice scientifique » peut être fournie par le producteur, le cas échéant. Le produit est considéré comme une préparation magistrale : composé sur ordonnance et délivré par les pharmacies hospitalières sous la supervision du ministère de la Santé, qui assure également le suivi, l'évaluation et le financement du programme pilote.
C'est le Ministère de la Santé et de la Sécurité Sociale qui pilote le programme, via la Direction de la Santé. Seuls les médecins ayant suivi une formation spécifique organisée par le ministère sont autorisés à prescrire. santesecu.public.lu →
Un travailleur frontalier bénéficiaire de l'assurance maladie luxembourgeoise peut relever du programme. Le transport du traitement vers la France, lui, obéit à un dispositif précis qu'il faut nommer correctement pour le trouver.
Il ne s'agit pas d'un « passeport cannabis » mais du certificat prévu à l'article 75 de la Convention d'application de Schengen, pour le transport de stupéfiants ou de substances psychotropes dans le cadre d'un traitement médical. Les autorités compétentes d'un État Schengen le délivrent à leurs résidents qui se rendent dans un autre État Schengen et qui, en raison d'une prescription médicale, ont besoin de ces substances. Il est valable trente jours au maximum, délivré ou authentifié sur la base d'une prescription médicale, et chaque substance prescrite fait l'objet d'un certificat séparé ; l'autorité compétente en conserve une copie.
Côté français, l'autorisation est délivrée sur demande du patient, au vu de l'original de la prescription, par l'Agence Régionale de Santé de la région où le médecin prescripteur est enregistré. Elle vaut 30 jours et les quantités ne doivent pas dépasser la durée de traitement correspondante.
Contrairement à la France qui vise les officines de ville, au Luxembourg le cannabis médical est délivré exclusivement en pharmacie hospitalière. Les officines de ville ne dispensent pas de cannabis médical dans le cadre du programme.
Le patient doit être résident luxembourgeois, ou bénéficiaire de l'assurance maladie luxembourgeoise, ou de nationalité luxembourgeoise. Le médecin prescripteur confirme l'éligibilité. Seuls les médecins agréés par le programme peuvent prescrire.
Au 1er janvier 2025, seules les sommités fleuries riches en THC ont cessé d'être mises à disposition. Les patients conservent l'accès aux sommités fleuries riches en CBD, aux sommités équilibrées THC/CBD, et aux extraits huileux aux trois profils cannabinoïdes — une option riche en THC restant accessible sous forme d'extrait huileux. La prescription d'huiles est passée de 18 flacons en 2022 à 2 043 en 2023, puis 2 850 depuis janvier 2024.
Le ministère invoque des difficultés de posologie et d'administration propres aux sommités fleuries, une biodisponibilité du THC significativement plus variable en vaporisation ou inhalation, et un potentiel d'abus et de mésusage supérieur à celui des extraits huileux — les fleurs pouvant être fumées. Objectif affiché : pérenniser le programme.
Les dispositifs médicaux utilisés pour vaporiser le cannabis médicinal ne sont pas couverts par le programme. À anticiper dans l'information du patient.
La quantité maximale pour 28 jours est passée de 100 à 60 grammes de fleurs de cannabis, soit 2,1 g par jour. La posologie reste personnalisée et ajustée par titration. Le patient a un passage obligatoire tous les 28 jours au moins au cabinet médical et/ou à la pharmacie.
Une première évaluation du programme a été réalisée en 2022. Le rapport publié par la Direction de la santé avait pour objectifs d'évaluer les deux premières années du projet, de proposer des améliorations dans le circuit médicamenteux, et de définir les prochaines étapes de la pérennisation après la clôture de la phase pilote.
Le communiqué de novembre 2024 annonçait qu'une nouvelle évaluation était prévue en 2025. À la date de mise à jour de cette page, nous n'avons pas trouvé trace de sa publication. C'est le point à surveiller : cette évaluation conditionne la sortie de la phase pilote.
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Cette page est une synthèse documentaire des publications officielles du gouvernement luxembourgeois et de la Direction de la santé, liées ci-dessus. Elle ne constitue pas un avis médical, pharmaceutique ou juridique et ne remplace pas la consultation des textes en vigueur. Les informations réglementaires sont datées : vérifiez la date de mise à jour et remontez aux sources avant toute décision professionnelle.